mardi 29 juin 1999

Le langage des chiffres

Il n'a donc fallu que quelques semaines et seulement 3 milliards de dollars pour anéantir les infrastructures du Kosovo et celles de la Serbie. À coups de bombes et de missiles, lancés par des avions volant à 10 000 m d'altitude et dont aucun n'a été abattu. Mission accomplie, les pilotes sont tous rentrés chez eux, sains et saufs.

« Ventre creux... »

L'ex-président des États-Unis, l'inlassable Jimmy Carter, compare, lui aussi, l'intérêt que porte ce concentré de pays riches que sont l'Otan et le G7 - ainsi que l'ONU, qui donne, ces temps-ci, l'impression d'être devenue leur instrument* - au Kosovo, d'une part, aux pays africains, d'autre part. Il écrit :

Vertigo

Restons dans ce périmètre de l'extrême richesse de quelques-uns, opposée à la pauvreté du grand nombre. Notre confrère américain Forbes publie son classement annuel des très grandes fortunes mondiales, arrêté au 30 avril. La presse du monde entier examine la liste des deux cents milliardaires (en dollars) et commente l'évolution des fortunes d'une année à l'autre. Jeune Afrique vous en parlera la semaine prochaine. En voici, en attendant, un aperçu : le Tiers Monde n'est représenté, à quelques exceptions près, qui sont surtout asiatiques, que par des dictateurs-voleurs ou des rois du pétrole qui se sont donné la peine de naître sur un puits d'or noir.

Bon sens

Alors que le nouveau Premier ministre israélien Ehoud Barak rassemble sa majorité et constitue son gouvernement, on parle de la reprise des négociations entre Israël et la Syrie.

mardi 22 juin 1999

Ingérence pour ingérence...

Nous vous avons fort peu parlé de la guerre du Kosovo, estimant que nos confrères en parlaient beaucoup, peut-être même trop. Était-elle évitable ? Aura-t-elle été utile ? La paix qu'elle a engendrée aura-t-elle les bienfaits qu'on annonce ? Les avis sont partagés et, à notre avis, la controverse entre défenseurs et contempteurs de l'équipée otanienne ne fait que commencer.

Encore des chiffres qui parlent

Pourquoi la guerre du Kosovo a-t-elle été dirigée militairement et politiquement par les États-Unis ? N'avait-elle pas pour théâtre d'opérations les Balkans, au beau milieu de l'Europe ? L'Otan, qui a conçu et mené cette guerre, ne regroupe-t-elle pas, parmi ses dix-neuf membres, dix-sept pays d'Europe, dont les « quatre grands » : Grande-Bretagne, France, Allemagne et Italie ?

mardi 15 juin 1999

Le miracle sud-africain

Les résultats officiels des élections générales qui ont eu lieu le 2 juin en Afrique du Sud ont été proclamés au début de cette semaine. Par la commission électorale indépendante, dont le verdict n'est sérieusement discuté par personne : les candidats vainqueurs sont reconnus vainqueurs et les battus reconnaissent leur défaite.

Vénalité

Comme le sida, comme un feu de forêt, la corruption se répand de proche en proche, gagnant du terrain chaque année. On peut dire, en cette fin de XXe siècle, que peu de pays et peu de catégories sociales y échappent : les tribunaux ont du pain sur la planche, et Transparency International, cette organisation qui s'est donné pour rôle de traquer et dénoncer la corruption là où elle la découvre, a de beaux jours devant elle.

Six milliards

Ça y est ! D'après les Nations unies et les démographes, nous sommes aujourd'hui six milliards d'êtres humains sur Terre. À quelques centaines ou milliers près : car, vous le savez peut-être, il naît chaque seconde, sur notre planète, cinq enfants et, dans le même temps meurent deux personnes. Cette « mobilité » permet à l'ONU, qui devait marquer l'événement cette semaine, le 16 juin, de reporter la cérémonie de quatre mois : au 16 octobre.

mardi 1 juin 1999

Actes d'hier, paroles d'aujourd'hui

« L'état actuel du monde me désole : partout, les dirigeants politiques sont terriblement maladroits. Ils n'ont aucune autorité et aucune imagination.

L'homme des volte-face

Le colonel Mouammar Kaddafi est un homme politique qui ne ressemble pas aux autres. Et l'âge ne semble pas émousser sa propension à l'originalité.

Mandela est le plus grand

Je suis vraiment impressionné par la manière seigneuriale, quasi prophétique, avec laquelle Nelson Mandela se meut, s'exprime, décide et, d'une manière générale, se comporte.