Les difficultés commencent ; le processus débouche sur la paix
mardi 18 juillet 2000 :: Divers :: #220 :: rss :: lu 823 fois
Je compte parmi mes amis beaucoup de médecins. Les meilleurs d'entre eux se sont (presque) toujours refusé au moindre pronostic sur l'évolution de la santé d'un malade : « Trop de facteurs, certains psychologiques ou mentaux, d'autres inconnus, interviennent pour qu'on puisse prévoir quoi que ce soit. Et puis, chaque être humain est différent des autres », disent-ils à l'unisson. Avant de conclure : « Le diagnostic juste est déjà bien difficile, le pronostic est impossible... »
Je crois qu'il en va de même en politique. Et, pourtant, sur deux questions chaudes du moment, qui, l'une et l'autre affectent l'avenir de toute une région, je vais me hasarder à un pronostic fondé sur les informations dont je dispose, la connaissance des acteurs et la simple analyse.
1. L'élection présidentielle en Côte d'Ivoire.
À la veille du référendum du 23 juillet, organisé pour approuver le projet de Constitution et ouvrir la voie à l'élection présidentielle (dont la date annoncée est le 17 septembre) et aux élections législatives (fixées au 29 octobre 2000), je formule la crainte que les dates retenues ne soient pas respectées.
Je serais très heureux de me tromper, mais ma crainte est fondée sur une analyse de l'intérêt des protagonistes : ceux qui ont intérêt à ce que ces élections se déroulent aux dates prévues n'ont aucun moyen d'obliger ceux qui ont le pouvoir de respecter le calendrier ; ceux qui ont le pouvoir de ne pas tenir le calendrier ont intérêt à reporter les élections, même si la situation du pays ne le permet guère.
2. La négociation israélo-palestinienne de Camp David, sous l'égide des États-Unis.
Nombre des meilleurs observateurs ne voient pas comment Ehoud Barak, l'Israélien, et Yasser Arafat, le Palestinien - la situation de chacun d'eux, sur le plan intérieur, ne leur laisse qu'une marge de négociation quasi nulle -, pourraient trouver en sept jours le compromis qui se dérobe depuis... sept ans.
Je pense, à l'inverse, que le pire, pour eux comme pour Bill Clinton qui parraine la rencontre, serait de ne pas aboutir à un accord.
Ayant eu le courage de l'envisager, malgré leur faiblesse intérieure ou, plutôt, en raison même de cette faiblesse, ils auront, je pense, celui de le parapher et d'en affronter les conséquences.
Et, d'ailleurs, à mon avis, ces conséquences seront bonnes pour eux.
J'imagine qu'ils auront besoin de prolongations et que Clinton les leur accordera. Qu'est-ce qui l'empêche de les laisser à Camp David, de se rendre à Okinawa, le 20 juillet, pour le sommet du G8 (21-23 juillet), d'en revenir (le 24) pour les retrouver fatigués, mais mûrs pour conclure ?
Il est probable que ce nouveau Camp David ne se terminera pas par un accord définitif, empaqueté et ficelé, prêt à l'application. Mais les négociateurs ne se sépareront qu'après avoir consigné, sur le papier, l'irréversible : une promesse sérieuse et solide de paix, dans un délai déterminé qui permette la proclamation, le 13 septembre, d'un État palestinien aux contours déterminés, connaissant, en gros, ses moyens et ses limites.
Si je ne me trompe pas, et si, à la fin de ce mois, c'est la paix et son momentum qui illuminent le Moyen-Orient, vous sourirez rétrospectivement en vous souvenant de ceci : le 17 septembre 1978, il y a près de vingt-deux ans, dans ce même cadre bucolique de Camp David, un accord de paix séparée entre Israël (Begin) et l'Égypte (Sadate) avait suscité la fureur et les invectives d'un certain Yasser Arafat, dont le plus proche soutien, aujourd'hui, se trouve être... le successeur de Sadate.
L'Histoire est une tragi-comédie, parfois une farce, et, en politique, il est bien connu que : « Tout ce que vous faites est mal jusqu'à ce que je le fasse moi-même... »
Je crois qu'il en va de même en politique. Et, pourtant, sur deux questions chaudes du moment, qui, l'une et l'autre affectent l'avenir de toute une région, je vais me hasarder à un pronostic fondé sur les informations dont je dispose, la connaissance des acteurs et la simple analyse.
1. L'élection présidentielle en Côte d'Ivoire.
À la veille du référendum du 23 juillet, organisé pour approuver le projet de Constitution et ouvrir la voie à l'élection présidentielle (dont la date annoncée est le 17 septembre) et aux élections législatives (fixées au 29 octobre 2000), je formule la crainte que les dates retenues ne soient pas respectées.
Je serais très heureux de me tromper, mais ma crainte est fondée sur une analyse de l'intérêt des protagonistes : ceux qui ont intérêt à ce que ces élections se déroulent aux dates prévues n'ont aucun moyen d'obliger ceux qui ont le pouvoir de respecter le calendrier ; ceux qui ont le pouvoir de ne pas tenir le calendrier ont intérêt à reporter les élections, même si la situation du pays ne le permet guère.
2. La négociation israélo-palestinienne de Camp David, sous l'égide des États-Unis.
Nombre des meilleurs observateurs ne voient pas comment Ehoud Barak, l'Israélien, et Yasser Arafat, le Palestinien - la situation de chacun d'eux, sur le plan intérieur, ne leur laisse qu'une marge de négociation quasi nulle -, pourraient trouver en sept jours le compromis qui se dérobe depuis... sept ans.
Je pense, à l'inverse, que le pire, pour eux comme pour Bill Clinton qui parraine la rencontre, serait de ne pas aboutir à un accord.
Ayant eu le courage de l'envisager, malgré leur faiblesse intérieure ou, plutôt, en raison même de cette faiblesse, ils auront, je pense, celui de le parapher et d'en affronter les conséquences.
Et, d'ailleurs, à mon avis, ces conséquences seront bonnes pour eux.
J'imagine qu'ils auront besoin de prolongations et que Clinton les leur accordera. Qu'est-ce qui l'empêche de les laisser à Camp David, de se rendre à Okinawa, le 20 juillet, pour le sommet du G8 (21-23 juillet), d'en revenir (le 24) pour les retrouver fatigués, mais mûrs pour conclure ?
Il est probable que ce nouveau Camp David ne se terminera pas par un accord définitif, empaqueté et ficelé, prêt à l'application. Mais les négociateurs ne se sépareront qu'après avoir consigné, sur le papier, l'irréversible : une promesse sérieuse et solide de paix, dans un délai déterminé qui permette la proclamation, le 13 septembre, d'un État palestinien aux contours déterminés, connaissant, en gros, ses moyens et ses limites.
Si je ne me trompe pas, et si, à la fin de ce mois, c'est la paix et son momentum qui illuminent le Moyen-Orient, vous sourirez rétrospectivement en vous souvenant de ceci : le 17 septembre 1978, il y a près de vingt-deux ans, dans ce même cadre bucolique de Camp David, un accord de paix séparée entre Israël (Begin) et l'Égypte (Sadate) avait suscité la fureur et les invectives d'un certain Yasser Arafat, dont le plus proche soutien, aujourd'hui, se trouve être... le successeur de Sadate.
L'Histoire est une tragi-comédie, parfois une farce, et, en politique, il est bien connu que : « Tout ce que vous faites est mal jusqu'à ce que je le fasse moi-même... »
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