Une coûteuse réunion pour rien
lundi 11 février 2002 :: Divers :: #64 :: rss :: lu 1606 fois
Nous vous parlons plus loin, longuement, de deux réunions qui ont fait l'événement du début de ce mois de février : la rencontre qui se tient chaque année à Davos, à cette même date, et qui rassemble (ceux qui se croient) les plus riches et les plus puissants. Baptisée du nom pompeux de Forum économique mondial, elle s'est déroulée cette année à l'Hôtel Waldorf Astoria de New York, mais a été éclipsée par son pendant inverse qui s'est tenu simultanément à Porto Alegre (Brésil) : Forum économique contre Forum social.
Ce qui m'a fasciné, c'est de voir qu'il en faut très peu pour que les riches se sentent moins riches et que les puissants perdent de leur superbe. Les Davos, transplantés cette année à New York, se sont retrouvés séquestrés dans leur hôtel-forteresse, empêchés de circuler, même à l'intérieur du bâtiment, par des mesures de sécurité insensées.
Moroses, sur la défensive, ils ont dû, pour une fois, envier « les pauvres » de Porto Alegre qui, eux, pendant le même temps, s'ébattaient - et débattaient - en toute liberté.
Un ami, qui a pris part au forum new-yorkais, m'a dit avoir été frappé de voir que ces grands chefs d'entreprise et ces hommes politiques, dirigeants de pays riches et puissants, semblaient avoir perdu la boussole : ils donnaient l'impression de ne plus savoir vers quoi tend le monde dont ils sont censés être les maîtres, et qu'ils feignent encore de diriger.
Cette élite économique et politique du monde, qui se présentait comme le phare éclairant le chemin devant nous, n'a plus confiance en elle - et, tout d'un coup, plus de voix. Aucun oracle n'a parlé, personne n'a décrit l'avenir, nul n'a esquissé la moindre théorie, ni osé le plus petit pronostic.
Ou plutôt, si : ceux qui avaient l'habitude de penser se sont mis à... écouter et ceux qui ont parlé ont dit que le monde était entré dans une période... d'incertitude, que la compagne de la globalisation était... l'insécurité.
Une rencontre coûteuse (de 7 000 à 25 000 dollars par participant selon sa catégorie), mais juteuse pour l'organisateur, et qui n'aura eu d'autre utilité que de nous montrer des rois nus.
« D'accord, nous ne savons pas ce qu'il faut faire, a dit l'un des participants le dernier jour. Nous n'avons pas de thérapeutique à proposer aux maux de la planète. Mais, à tout le moins, avons-nous pris conscience, au cours de cette réunion, de nos limites. »
Pas pour longtemps : la superbe reviendra !
Ce qui m'a fasciné, c'est de voir qu'il en faut très peu pour que les riches se sentent moins riches et que les puissants perdent de leur superbe. Les Davos, transplantés cette année à New York, se sont retrouvés séquestrés dans leur hôtel-forteresse, empêchés de circuler, même à l'intérieur du bâtiment, par des mesures de sécurité insensées.
Moroses, sur la défensive, ils ont dû, pour une fois, envier « les pauvres » de Porto Alegre qui, eux, pendant le même temps, s'ébattaient - et débattaient - en toute liberté.
Un ami, qui a pris part au forum new-yorkais, m'a dit avoir été frappé de voir que ces grands chefs d'entreprise et ces hommes politiques, dirigeants de pays riches et puissants, semblaient avoir perdu la boussole : ils donnaient l'impression de ne plus savoir vers quoi tend le monde dont ils sont censés être les maîtres, et qu'ils feignent encore de diriger.
Cette élite économique et politique du monde, qui se présentait comme le phare éclairant le chemin devant nous, n'a plus confiance en elle - et, tout d'un coup, plus de voix. Aucun oracle n'a parlé, personne n'a décrit l'avenir, nul n'a esquissé la moindre théorie, ni osé le plus petit pronostic.
Ou plutôt, si : ceux qui avaient l'habitude de penser se sont mis à... écouter et ceux qui ont parlé ont dit que le monde était entré dans une période... d'incertitude, que la compagne de la globalisation était... l'insécurité.
Une rencontre coûteuse (de 7 000 à 25 000 dollars par participant selon sa catégorie), mais juteuse pour l'organisateur, et qui n'aura eu d'autre utilité que de nous montrer des rois nus.
« D'accord, nous ne savons pas ce qu'il faut faire, a dit l'un des participants le dernier jour. Nous n'avons pas de thérapeutique à proposer aux maux de la planète. Mais, à tout le moins, avons-nous pris conscience, au cours de cette réunion, de nos limites. »
Pas pour longtemps : la superbe reviendra !
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