La très grande puissance du jour et les dix pays de demain
lundi 18 février 2002 :: Divers :: #63 :: rss :: lu 3247 fois
Les pays du Sud (de la planète) sont-ils inexorablement distancés par ceux du Nord ? Ces derniers progressent-ils plus vite, continuent-ils de s'enrichir et de se développer, de profiter des « nouvelles technologies de l'information » (NTI) pour « s'envoler », de leur puissance financière et militaire pour creuser définitivement l'écart ? Ou bien ce XXIe siècle marquera-t-il le début du « rattrapage » ?
S'il ne permet pas (encore) de trancher, un examen objectif de la situation des uns et des autres nous apprend que le « rattrapage » est bien engagé.
Mais, tout d'abord, un fait si considérable qu'il domine l'actualité : sur le plan de la puissance militaire, les États-Unis, forts de leur richesse économique et financière, ont « largué » le reste du monde, Europe de l'Ouest, Russie et Chine incluses.
Regardez le graphique ci-contre : mieux qu'un long discours, il explique la politique américaine d'aujourd'hui, le comportement des Européens (de l'Ouest), de la Russie, de la Chine, de l'Inde - et de tous les autres pays du monde, subjugués.
Mais, tenez-vous bien, les chiffres de cette infographie, ceux de l'année dernière, sont déjà largement dépassés : les États-Unis vont allouer l'année prochaine à leurs armées 380 milliards de dollars, soit plus de 1 milliard de dollars par jour ! Cela représentera 40 % des dépenses militaires mondiales (contre 36 % en 2001) ; les 190 autres pays, dont les vingt qui comptent, totalisant ensemble 60 %.
Jamais dans l'Histoire un seul pays n'a affiché une telle supériorité sur le plan militaire, quantitativement et qualitativement.
Et si vous pensez que le budget Défense des États-Unis est proportionnel à leur richesse économique, vous vous trompez : alors que leurs dépenses militaires grimpent pour atteindre 40 % des dépenses mondiales, leur PNB (Produit national brut) ne représente, si je puis dire, que 30 % environ de ce même PNB mondial.
Ils sont, il est vrai, très riches, et leurs dépenses militaires se situent encore en dessous de 4 % de leur PNB. Mais rien ne les oblige à un tel effort et, surtout, ils n'ont aucune raison de le pousser plus avant : leur budget militaire va pourtant augmenter cette année de 48 milliards de dollars - soit une hausse de 18 % ! Et, à elle seule, cette augmentation équivaut aux budgets militaires réunis de la France et de la Grande-Bretagne !
Le ministre américain de la Guerre, appelé par antiphrase secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui a demandé (et va obtenir) cette augmentation, a déclaré la semaine dernière : « Nous n'en avons pas seulement après el-Qaïda. Notre objectif est beaucoup plus large : il nous faudra peut-être envahir quinze pays ou même plus, et nous le ferons pour traiter les problèmes que pose le terrorisme et l'empêcher de tuer des milliers de personnes... »
Commentaire de l'un des meilleurs analystes américains : « Sur le plan militaire, les États-Unis ont laissé très loin derrière eux amis traditionnels et ennemis potentiels. Ils n'ont besoin de personne pour faire la guerre à qui bon leur semble et, avec le dollar comme monnaie internationale de réserve, ils ont toujours la faculté de faire financer leurs déficits par le reste du monde.
« Mais depuis qu'ils se sont remis à utiliser le bâton, l'admiration qu'ils suscitaient a fait place à la peur : se généralise un peu partout la crainte des représailles que leur permet leur puissance militaire, commerciale et financière. »
Mais un grand pays peut-il optimiser son influence, garder une image positive auprès des autres s'il renonce à se faire admirer et se satisfait d'inspirer la peur ?
Quelle que soit leur puissance, les États-Unis ne peuvent se passer durablement des amis qu'ils sont en train de perdre... Mais, en attendant qu'ils reviennent à la raison, l'intérêt du monde - et des États-Unis eux-mêmes - est que se constituent peu à peu, en Europe, en Asie et ailleurs, des contrepoids à la toute-puissance américaine.
Et l'espoir de nous tous, que cette situation préoccupe, est que la poignée d'« idéologues » de droite qui gouvernent les États-Unis depuis un an - ils doivent une partie de leur pouvoir et beaucoup de leur popularité actuelle à Ben Laden - se discréditent assez vite et soient désavoués dans trois ans par leurs électeurs.
Mais revenons à la question posée au début de cet article, et qui me paraît être cruciale : les pays du sud de la planète ont-ils définitivement perdu la course au progrès avec les pays du Nord ? Ces derniers ont-ils utilisé les deux siècles écoulés pour s'installer en pole position ? Vont-ils continuer, au cours du nouveau siècle, à « creuser l'écart » ?
Nous vous présenterons prochainement, sous la signature de Samir Gharbi, les résultats d'une grande enquête qui permet d'identifier les trente pays, la plupart d'entre eux appartenant à l'ex-Tiers Monde, qui se sont distingués par une croissance supérieure à 3 % par an sur une longue période.
Mais, en avant-première, nous vous donnons, ci-dessous, dès aujourd'hui, le tableau-palmarès des dix pays en développement qui ont connu, depuis 1990 - plus de dix ans - une croissance forte, saine et durable, supérieure non pas à 3 % mais à 4 % par an.
Ces dix pays, un latino-américain (le Chili), sept asiatiques (la Chine, Singapour, la Corée du Sud, la Malaisie, la Thaïlande, l'Inde et le Sri Lanka) et deux africains (Maurice et la Tunisie), comptent près de trois milliards d'hommes et de femmes - soit la moitié de l'humanité.
Ce sont ceux qui sont en train de rattraper le peloton des pays développés pour s'y placer et, on l'espère, s'y maintenir.
S'ils y parviennent, ils changeront la face du XXIe siècle.
S'il ne permet pas (encore) de trancher, un examen objectif de la situation des uns et des autres nous apprend que le « rattrapage » est bien engagé.
Mais, tout d'abord, un fait si considérable qu'il domine l'actualité : sur le plan de la puissance militaire, les États-Unis, forts de leur richesse économique et financière, ont « largué » le reste du monde, Europe de l'Ouest, Russie et Chine incluses.
Regardez le graphique ci-contre : mieux qu'un long discours, il explique la politique américaine d'aujourd'hui, le comportement des Européens (de l'Ouest), de la Russie, de la Chine, de l'Inde - et de tous les autres pays du monde, subjugués.
Mais, tenez-vous bien, les chiffres de cette infographie, ceux de l'année dernière, sont déjà largement dépassés : les États-Unis vont allouer l'année prochaine à leurs armées 380 milliards de dollars, soit plus de 1 milliard de dollars par jour ! Cela représentera 40 % des dépenses militaires mondiales (contre 36 % en 2001) ; les 190 autres pays, dont les vingt qui comptent, totalisant ensemble 60 %.
Jamais dans l'Histoire un seul pays n'a affiché une telle supériorité sur le plan militaire, quantitativement et qualitativement.
Et si vous pensez que le budget Défense des États-Unis est proportionnel à leur richesse économique, vous vous trompez : alors que leurs dépenses militaires grimpent pour atteindre 40 % des dépenses mondiales, leur PNB (Produit national brut) ne représente, si je puis dire, que 30 % environ de ce même PNB mondial.
Ils sont, il est vrai, très riches, et leurs dépenses militaires se situent encore en dessous de 4 % de leur PNB. Mais rien ne les oblige à un tel effort et, surtout, ils n'ont aucune raison de le pousser plus avant : leur budget militaire va pourtant augmenter cette année de 48 milliards de dollars - soit une hausse de 18 % ! Et, à elle seule, cette augmentation équivaut aux budgets militaires réunis de la France et de la Grande-Bretagne !
Le ministre américain de la Guerre, appelé par antiphrase secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui a demandé (et va obtenir) cette augmentation, a déclaré la semaine dernière : « Nous n'en avons pas seulement après el-Qaïda. Notre objectif est beaucoup plus large : il nous faudra peut-être envahir quinze pays ou même plus, et nous le ferons pour traiter les problèmes que pose le terrorisme et l'empêcher de tuer des milliers de personnes... »
Commentaire de l'un des meilleurs analystes américains : « Sur le plan militaire, les États-Unis ont laissé très loin derrière eux amis traditionnels et ennemis potentiels. Ils n'ont besoin de personne pour faire la guerre à qui bon leur semble et, avec le dollar comme monnaie internationale de réserve, ils ont toujours la faculté de faire financer leurs déficits par le reste du monde.
« Mais depuis qu'ils se sont remis à utiliser le bâton, l'admiration qu'ils suscitaient a fait place à la peur : se généralise un peu partout la crainte des représailles que leur permet leur puissance militaire, commerciale et financière. »
Mais un grand pays peut-il optimiser son influence, garder une image positive auprès des autres s'il renonce à se faire admirer et se satisfait d'inspirer la peur ?
Quelle que soit leur puissance, les États-Unis ne peuvent se passer durablement des amis qu'ils sont en train de perdre... Mais, en attendant qu'ils reviennent à la raison, l'intérêt du monde - et des États-Unis eux-mêmes - est que se constituent peu à peu, en Europe, en Asie et ailleurs, des contrepoids à la toute-puissance américaine.
Et l'espoir de nous tous, que cette situation préoccupe, est que la poignée d'« idéologues » de droite qui gouvernent les États-Unis depuis un an - ils doivent une partie de leur pouvoir et beaucoup de leur popularité actuelle à Ben Laden - se discréditent assez vite et soient désavoués dans trois ans par leurs électeurs.
Mais revenons à la question posée au début de cet article, et qui me paraît être cruciale : les pays du sud de la planète ont-ils définitivement perdu la course au progrès avec les pays du Nord ? Ces derniers ont-ils utilisé les deux siècles écoulés pour s'installer en pole position ? Vont-ils continuer, au cours du nouveau siècle, à « creuser l'écart » ?
Nous vous présenterons prochainement, sous la signature de Samir Gharbi, les résultats d'une grande enquête qui permet d'identifier les trente pays, la plupart d'entre eux appartenant à l'ex-Tiers Monde, qui se sont distingués par une croissance supérieure à 3 % par an sur une longue période.
Mais, en avant-première, nous vous donnons, ci-dessous, dès aujourd'hui, le tableau-palmarès des dix pays en développement qui ont connu, depuis 1990 - plus de dix ans - une croissance forte, saine et durable, supérieure non pas à 3 % mais à 4 % par an.
Ces dix pays, un latino-américain (le Chili), sept asiatiques (la Chine, Singapour, la Corée du Sud, la Malaisie, la Thaïlande, l'Inde et le Sri Lanka) et deux africains (Maurice et la Tunisie), comptent près de trois milliards d'hommes et de femmes - soit la moitié de l'humanité.
Ce sont ceux qui sont en train de rattraper le peloton des pays développés pour s'y placer et, on l'espère, s'y maintenir.
S'ils y parviennent, ils changeront la face du XXIe siècle.
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