Match truqué
lundi 25 mars 2002 :: Divers :: #32 :: rss :: lu 1653 fois
Le monde entier en est venu à accepter l'idée que les Américains sont l'arbitre tout désigné, presque naturel, du conflit entre Israël et les Palestiniens. Ces derniers eux-mêmes, et leur chef en premier lieu, non seulement l'acceptent, mais conjurent George W. Bush d'assumer cet arbitrage.
Et, lorsqu'il fait semblant de s'y refuser, lui reprochent sa passivité. C'est un comble !
Je veux dire tout le mal que je pense de cette extraordinaire supercherie, car c'en est une. Le dictionnaire dit que la supercherie est une tromperie qui implique la substitution d'un faux à l'authentique.
Chacun sait que les États-Unis sont - depuis cinquante-quatre ans ! - l'allié d'Israël : sans eux, ce pays ne serait pas ce qu'il est et ne pourrait pas faire ce qu'il fait. Ils l'arment généreusement et l'autorisent à utiliser les armes qu'ils lui donnent pour consolider son occupation illégale de territoires que la communauté internationale, par des résolutions réitérées de l'ONU, l'enjoint depuis belle lurette d'évacuer.
Dans le même temps, les Américains interdisent aux Palestiniens de s'armer et mesurent l'armement qu'ils vendent, très cher, aux autres Arabes.
Sur un autre plan, diplomatique celui-là, les États-Unis abusent de leur droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour protéger Israël de toute résolution un tant soit peu contraignante. Tout se passe comme si ce petit pays était, de fait, le sixième membre permanent du Conseil de sécurité !
Sans faux-semblant, avec une belle constance, « l'arbitre » américain manifeste son soutien au Premier ministre d'Israël, qu'il soit de droite ou de gauche, et quelle que soit sa politique. Celui en exercice a beau se rendre coupable des exactions les plus horribles, et qui hérissent tous les défenseurs des droits de l'homme, Bush et Cheney n'ont pour lui que mots aimables et sourires complices.
Les deux mêmes, simultanément, refusent de serrer la main de la figure emblématique des Palestiniens tant que celui-ci n'a pas empêché - au besoin par la force - son peuple de se révolter contre ceux qui le colonisent et le piétinent.
Pourquoi diable les Arabes et les Palestiniens entretiennent-ils la fiction d'une Amérique « arbitre » de leur conflit avec Israël ? Quel avantage espèrent-ils tirer de cette situation malsaine ?
À ces deux interrogations, leur réponse est connue : « Nous n'ignorons pas, disent-ils, que les États-Unis sont l'allié indéfectible d'Israël, mais nous savons aussi que leurs intérêts ne sont pas identiques. Notre souci est, d'une part, d'éviter de jeter les États-Unis dans les bras d'Israël et, d'autre part, de prendre en considération le fait qu'ils sont les seuls à pouvoir limiter les excès d'un Ariel Sharon... »
Peut-être. Mais chaque jour qui passe nous donne une nouvelle démonstration de ce que les dirigeants arabes veulent ignorer.
- Les États-Unis ne peuvent pas être plus solidaires d'Israël qu'ils ne l'ont été au moment où la dérive de Sharon était à son paroxysme !
- Les deux gouvernements sont des intimes, échangent informations et analyses, se concertent sur (presque) tout, partagent une même évaluation péjorative, voire méprisante, des Arabes.
- Ils peuvent avoir des divergences, mais comme un vieux couple. Et d'ailleurs, ils ne cachent pas qu'au Moyen-Orient ils ont acquis un fonds de commerce « qu'ils exploitent en commun ».
Dans ces conditions, il me paraît donc dangereux pour les Arabes de se bercer d'illusions : l'Amérique n'est pas en position de se préoccuper de leurs intérêts, encore moins de les défendre.
Il serait plus sain pour eux de prendre leur parti de l'alliance israélo-américaine et de considérer les États-Unis et Israël comme un tandem, un « axe », qui constitue le camp opposé, la partie adverse.
En vérité, et en un mot comme en mille, les États-Unis sont le manager ou le « coach » d'Israël. Appeler ce « coach » à vous protéger de son « poulain », à arbitrer entre vous et lui, c'est accepter de participer à un match truqué.
Et, lorsqu'il fait semblant de s'y refuser, lui reprochent sa passivité. C'est un comble !
Je veux dire tout le mal que je pense de cette extraordinaire supercherie, car c'en est une. Le dictionnaire dit que la supercherie est une tromperie qui implique la substitution d'un faux à l'authentique.
Chacun sait que les États-Unis sont - depuis cinquante-quatre ans ! - l'allié d'Israël : sans eux, ce pays ne serait pas ce qu'il est et ne pourrait pas faire ce qu'il fait. Ils l'arment généreusement et l'autorisent à utiliser les armes qu'ils lui donnent pour consolider son occupation illégale de territoires que la communauté internationale, par des résolutions réitérées de l'ONU, l'enjoint depuis belle lurette d'évacuer.
Dans le même temps, les Américains interdisent aux Palestiniens de s'armer et mesurent l'armement qu'ils vendent, très cher, aux autres Arabes.
Sur un autre plan, diplomatique celui-là, les États-Unis abusent de leur droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour protéger Israël de toute résolution un tant soit peu contraignante. Tout se passe comme si ce petit pays était, de fait, le sixième membre permanent du Conseil de sécurité !
Sans faux-semblant, avec une belle constance, « l'arbitre » américain manifeste son soutien au Premier ministre d'Israël, qu'il soit de droite ou de gauche, et quelle que soit sa politique. Celui en exercice a beau se rendre coupable des exactions les plus horribles, et qui hérissent tous les défenseurs des droits de l'homme, Bush et Cheney n'ont pour lui que mots aimables et sourires complices.
Les deux mêmes, simultanément, refusent de serrer la main de la figure emblématique des Palestiniens tant que celui-ci n'a pas empêché - au besoin par la force - son peuple de se révolter contre ceux qui le colonisent et le piétinent.
Pourquoi diable les Arabes et les Palestiniens entretiennent-ils la fiction d'une Amérique « arbitre » de leur conflit avec Israël ? Quel avantage espèrent-ils tirer de cette situation malsaine ?
À ces deux interrogations, leur réponse est connue : « Nous n'ignorons pas, disent-ils, que les États-Unis sont l'allié indéfectible d'Israël, mais nous savons aussi que leurs intérêts ne sont pas identiques. Notre souci est, d'une part, d'éviter de jeter les États-Unis dans les bras d'Israël et, d'autre part, de prendre en considération le fait qu'ils sont les seuls à pouvoir limiter les excès d'un Ariel Sharon... »
Peut-être. Mais chaque jour qui passe nous donne une nouvelle démonstration de ce que les dirigeants arabes veulent ignorer.
- Les États-Unis ne peuvent pas être plus solidaires d'Israël qu'ils ne l'ont été au moment où la dérive de Sharon était à son paroxysme !
- Les deux gouvernements sont des intimes, échangent informations et analyses, se concertent sur (presque) tout, partagent une même évaluation péjorative, voire méprisante, des Arabes.
- Ils peuvent avoir des divergences, mais comme un vieux couple. Et d'ailleurs, ils ne cachent pas qu'au Moyen-Orient ils ont acquis un fonds de commerce « qu'ils exploitent en commun ».
Dans ces conditions, il me paraît donc dangereux pour les Arabes de se bercer d'illusions : l'Amérique n'est pas en position de se préoccuper de leurs intérêts, encore moins de les défendre.
Il serait plus sain pour eux de prendre leur parti de l'alliance israélo-américaine et de considérer les États-Unis et Israël comme un tandem, un « axe », qui constitue le camp opposé, la partie adverse.
En vérité, et en un mot comme en mille, les États-Unis sont le manager ou le « coach » d'Israël. Appeler ce « coach » à vous protéger de son « poulain », à arbitrer entre vous et lui, c'est accepter de participer à un match truqué.
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