Question à 1 000 dollars
lundi 24 juin 2002 :: Divers :: #391 :: rss :: lu 1628 fois
Jusqu'à ce que, à Dieu ne plaise, le record soit battu, l'attaque du 11 septembre 2001 restera dans l'Histoire comme l'acte terroriste le plus audacieux, le plus spectaculaire, le plus réussi et le plus meurtrier jamais perpétré.
Depuis cette date, les analystes, au premier rang desquels des Américains, glosent à longueur de journée (et de colonnes) sur le terrorisme. Et tentent de répondre à la question à 1 000 dollars : qu'est-ce qui le crée ?
Autrement dit, quels sont les facteurs qui favorisent l'éclosion et le développement du terrorisme ? Où les terroristes trouvent-ils le meilleur terreau ?
On a commencé par incriminer la pauvreté, l'absence d'éducation et le désespoir en montrant du doigt l'Afghanistan : aidez les pays pauvres à développer leurs économies et à éduquer leurs populations, et vous priverez le terrorisme d'un terrain favorable, lui ôterez même toute chance de naître.
Puis, très vite, on en est venu à mettre cette thèse en doute et même, aussi curieux que cela paraisse, à soutenir l'inverse : une étude commandée par la Banque mondiale à l'université de Princeton et rédigée par Alain Krueger et Jitka Maleckova(*) conclut en gros à l'absence de tout lien entre pauvreté et humiliation, d'une part, et terrorisme, d'autre part.
L'étude met en avant diverses observations justes, mais en tire, à mon avis, des conclusions fausses.
D'abord les observations :
- les concepteurs et les exécutants du 11 septembre, en majorité saoudiens (il y a peu de pauvres de cette nationalité), étaient tous éduqués ;
- on sait aussi que les commandos du Hezbollah qui ont obligé l'armée israélienne à se retirer du Liban sont composés de gens beaucoup plus éduqués que la moyenne des Libanais ;
- idem pour les extrémistes juifs qui s'attaquent aux Palestiniens ;
- idem encore pour les kamikazes palestiniens et ceux qui les forment ou les aident ; les uns et les autres sont sans exception d'un niveau d'éducation et de conscience politique supérieur à la moyenne de la population ;
- d'ailleurs, il en va de même hors du Moyen-Orient ; et ce qui est vrai aujourd'hui l'était déjà du temps des « Brigades rouges » (Italie), de la Bande à Baader (Allemagne) et de l'Armée rouge (Japon).
L'étrange conclusion à laquelle l'étude semble parvenir est : plus vous êtes éduqué, plus vous êtes susceptible de verser dans le terrorisme. C'est, bien évidemment, et fort heureusement, faux.
L'éducation nous fait prendre conscience de l'humiliation qu'on fait subir à notre peuple, de l'injustice, des inégalités sociales. Elle suscite en nous le désir plus ou moins fort de corriger ce qui nous révolte.
Comment ? Certains d'entre nous ne voient pas d'autre moyen efficace que le terrorisme.
Ils constituent toujours une petite minorité, mais qui se prend pour une avant-garde et se croit investie d'une haute mission...
Depuis cette date, les analystes, au premier rang desquels des Américains, glosent à longueur de journée (et de colonnes) sur le terrorisme. Et tentent de répondre à la question à 1 000 dollars : qu'est-ce qui le crée ?
Autrement dit, quels sont les facteurs qui favorisent l'éclosion et le développement du terrorisme ? Où les terroristes trouvent-ils le meilleur terreau ?
On a commencé par incriminer la pauvreté, l'absence d'éducation et le désespoir en montrant du doigt l'Afghanistan : aidez les pays pauvres à développer leurs économies et à éduquer leurs populations, et vous priverez le terrorisme d'un terrain favorable, lui ôterez même toute chance de naître.
Puis, très vite, on en est venu à mettre cette thèse en doute et même, aussi curieux que cela paraisse, à soutenir l'inverse : une étude commandée par la Banque mondiale à l'université de Princeton et rédigée par Alain Krueger et Jitka Maleckova(*) conclut en gros à l'absence de tout lien entre pauvreté et humiliation, d'une part, et terrorisme, d'autre part.
L'étude met en avant diverses observations justes, mais en tire, à mon avis, des conclusions fausses.
D'abord les observations :
- les concepteurs et les exécutants du 11 septembre, en majorité saoudiens (il y a peu de pauvres de cette nationalité), étaient tous éduqués ;
- on sait aussi que les commandos du Hezbollah qui ont obligé l'armée israélienne à se retirer du Liban sont composés de gens beaucoup plus éduqués que la moyenne des Libanais ;
- idem pour les extrémistes juifs qui s'attaquent aux Palestiniens ;
- idem encore pour les kamikazes palestiniens et ceux qui les forment ou les aident ; les uns et les autres sont sans exception d'un niveau d'éducation et de conscience politique supérieur à la moyenne de la population ;
- d'ailleurs, il en va de même hors du Moyen-Orient ; et ce qui est vrai aujourd'hui l'était déjà du temps des « Brigades rouges » (Italie), de la Bande à Baader (Allemagne) et de l'Armée rouge (Japon).
L'étrange conclusion à laquelle l'étude semble parvenir est : plus vous êtes éduqué, plus vous êtes susceptible de verser dans le terrorisme. C'est, bien évidemment, et fort heureusement, faux.
L'éducation nous fait prendre conscience de l'humiliation qu'on fait subir à notre peuple, de l'injustice, des inégalités sociales. Elle suscite en nous le désir plus ou moins fort de corriger ce qui nous révolte.
Comment ? Certains d'entre nous ne voient pas d'autre moyen efficace que le terrorisme.
Ils constituent toujours une petite minorité, mais qui se prend pour une avant-garde et se croit investie d'une haute mission...
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