Trois femmes, un homme
lundi 24 juin 2002 :: Divers :: #392 :: rss :: lu 1775 fois
Le calvaire des Palestiniens suscite une sympathie diffuse à travers le monde, ici et là des manifestations de soutien. Mais l'on ne sait que penser de leur forme de lutte - désespérée - contre l'interminable occupation israélienne et son cortège d'humiliations.
Trois femmes, et non des moindres, un homme, qui n'est pas n'importe qui, ont osé exprimer de la compassion : ils pouvaient se le permettre, comme vous allez le voir.
Laura Bush, la femme du président qui porte le même nom.
Alors que son mari approuve haut et fort les excès de l'actuel Premier ministre israélien, allant jusqu'à dire « qu'Ariel Sharon est un homme de paix », et que la Maison Blanche éprouve le besoin de répéter qu'Israël a le droit de se défendre, Laura, interviewée par une chaîne de radio, le lundi 17 juin, déclarait à propos du « mur électronique » qu'Israël a décidé d'ériger pour se protéger des attentats : « Je ne vois pas comment une barrière peut conduire à une paix durable. Le haut mur de haine et de méfiance qui sépare les Palestiniens des Israéliens, j'espère qu'ils vont entreprendre de l'abattre et faire tout ce qu'ils peuvent pour se rapprocher... »
Paroles de bon sens.
Le lendemain, c'est Cherie Blair, épouse du Premier ministre britannique, qui, s'exprimant au cours d'une manifestation en faveur d'une aide médicale aux Palestiniens, a osé dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : « Aussi longtemps que des jeunes gens sentent au fond d'eux-mêmes qu'ils n'ont pas d'espoir et en sont réduits à se faire exploser, on ne peut faire aucun progrès. »
Paroles de compréhension.
Avant Laura Bush et Cherie Blair, une autre Occidentale, Gretta Duisenberg, épouse du président de la Banque centrale européenne, s'est exprimée d'une manière encore plus libre, jugée par beaucoup provocante : elle a mis le drapeau palestinien, bien en évidence, sur le balcon de son appartement, au deuxième étage d'un immeuble situé au centre d'Amsterdam, et a déclaré : « Je veux montrer ainsi mon désaccord avec la manière dont les Pays-Bas et l'Europe réagissent ou, plutôt, ne réagissent pas, à ce que le gouvernement Sharon fait aux Palestiniens. »
Réaction d'exaspération.
Trois femmes de tempérament et qui ont décidé de ne pas se taire plus longtemps. Elles peuvent se le permettre. Oui, mais c'est un signe.
Un seul homme, de grande notoriété lui aussi, mais qui était déjà connu pour sa liberté d'esprit, a pris le risque de s'exprimer sur le même sujet, sans précautions excessives et sans trop se préoccuper des inconvénients : Ted Turner, le fondateur de CNN.
Dans un entretien au quotidien britannique Guardian, le vice-président du groupe AOL Time Warner a déclaré notamment : « Les Palestiniens se battent avec des kamikazes, c'est tout ce qu'ils ont. Les Israéliens ont, eux, une des plus puissantes machines de guerre au monde. Les Palestiniens n'ont rien. Alors, qui sont les terroristes ? Je dirais que chaque partie est impliquée dans le terrorisme. »
Paroles de bon sens.
Précision : Cherie Blair et Ted Turner ont été sommés de se rétracter et ont dû atténuer leurs propos ; Gretta Duisenberg a reçu des menaces qui ont conduit les autorités néerlandaises à s'occuper de sa sécurité et à la protéger. Si j'osais, je parlerais de terrorisme... culturel.
Conclusion : je réitère que je n'approuve pas, ni sur le plan moral, ni sur le plan politique, les attentats suicide.
Tout au contraire, je les réprouve et l'ai écrit dès leur apparition. Je ne condamne pas leurs auteurs, qui, eux, donnent leur vie et prennent celles de civils israéliens sans discrimination - par désespoir. Je condamne en revanche les « dirigeants » palestiniens qui le leur demandent ou les laissent faire, et même ceux qui se sont tus avant et après chaque attentat.
Cela étant, j'ai cru utile de signaler - et de souligner - la réaction de quatre Occidentaux - trois femmes et un homme - qui ont eu le courage d'évoquer, en plein carnage, le malheur d'être palestinien et d'exprimer leur malaise, qui est aussi le nôtre.
Trois femmes, et non des moindres, un homme, qui n'est pas n'importe qui, ont osé exprimer de la compassion : ils pouvaient se le permettre, comme vous allez le voir.
Laura Bush, la femme du président qui porte le même nom.
Alors que son mari approuve haut et fort les excès de l'actuel Premier ministre israélien, allant jusqu'à dire « qu'Ariel Sharon est un homme de paix », et que la Maison Blanche éprouve le besoin de répéter qu'Israël a le droit de se défendre, Laura, interviewée par une chaîne de radio, le lundi 17 juin, déclarait à propos du « mur électronique » qu'Israël a décidé d'ériger pour se protéger des attentats : « Je ne vois pas comment une barrière peut conduire à une paix durable. Le haut mur de haine et de méfiance qui sépare les Palestiniens des Israéliens, j'espère qu'ils vont entreprendre de l'abattre et faire tout ce qu'ils peuvent pour se rapprocher... »
Paroles de bon sens.
Le lendemain, c'est Cherie Blair, épouse du Premier ministre britannique, qui, s'exprimant au cours d'une manifestation en faveur d'une aide médicale aux Palestiniens, a osé dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : « Aussi longtemps que des jeunes gens sentent au fond d'eux-mêmes qu'ils n'ont pas d'espoir et en sont réduits à se faire exploser, on ne peut faire aucun progrès. »
Paroles de compréhension.
Avant Laura Bush et Cherie Blair, une autre Occidentale, Gretta Duisenberg, épouse du président de la Banque centrale européenne, s'est exprimée d'une manière encore plus libre, jugée par beaucoup provocante : elle a mis le drapeau palestinien, bien en évidence, sur le balcon de son appartement, au deuxième étage d'un immeuble situé au centre d'Amsterdam, et a déclaré : « Je veux montrer ainsi mon désaccord avec la manière dont les Pays-Bas et l'Europe réagissent ou, plutôt, ne réagissent pas, à ce que le gouvernement Sharon fait aux Palestiniens. »
Réaction d'exaspération.
Trois femmes de tempérament et qui ont décidé de ne pas se taire plus longtemps. Elles peuvent se le permettre. Oui, mais c'est un signe.
Un seul homme, de grande notoriété lui aussi, mais qui était déjà connu pour sa liberté d'esprit, a pris le risque de s'exprimer sur le même sujet, sans précautions excessives et sans trop se préoccuper des inconvénients : Ted Turner, le fondateur de CNN.
Dans un entretien au quotidien britannique Guardian, le vice-président du groupe AOL Time Warner a déclaré notamment : « Les Palestiniens se battent avec des kamikazes, c'est tout ce qu'ils ont. Les Israéliens ont, eux, une des plus puissantes machines de guerre au monde. Les Palestiniens n'ont rien. Alors, qui sont les terroristes ? Je dirais que chaque partie est impliquée dans le terrorisme. »
Paroles de bon sens.
Précision : Cherie Blair et Ted Turner ont été sommés de se rétracter et ont dû atténuer leurs propos ; Gretta Duisenberg a reçu des menaces qui ont conduit les autorités néerlandaises à s'occuper de sa sécurité et à la protéger. Si j'osais, je parlerais de terrorisme... culturel.
Conclusion : je réitère que je n'approuve pas, ni sur le plan moral, ni sur le plan politique, les attentats suicide.
Tout au contraire, je les réprouve et l'ai écrit dès leur apparition. Je ne condamne pas leurs auteurs, qui, eux, donnent leur vie et prennent celles de civils israéliens sans discrimination - par désespoir. Je condamne en revanche les « dirigeants » palestiniens qui le leur demandent ou les laissent faire, et même ceux qui se sont tus avant et après chaque attentat.
Cela étant, j'ai cru utile de signaler - et de souligner - la réaction de quatre Occidentaux - trois femmes et un homme - qui ont eu le courage d'évoquer, en plein carnage, le malheur d'être palestinien et d'exprimer leur malaise, qui est aussi le nôtre.
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