Une belle leçon
lundi 29 juillet 2002 :: Divers :: #36 :: rss :: lu 1708 fois
Je voudrais revenir sur un événement intervenu jeudi 18 juillet à New Delhi et qui vous a été annoncé par Sonia Jedidi (voir Jeune Afrique/L'intelligent n° 2165).
Ce jour-là, 90 % des quelque cinq mille parlementaires (nationaux et des trente États) de l'Union indienne ont élu au poste de président de la République un savant musulman de 71 ans, Avul Pakir Jainulabdeen Abdul Kalam.
Depuis son indépendance (1947) à ce jour, l'Inde est une République laïque gouvernée selon le système démocratique : élections pluralistes tenues aux dates prévues, gagnées ou perdues sans tricherie ni discussions, respect des minorités et des libertés fondamentales.
Dans ce pays de plus de un milliard d'habitants, véritable mosaïque humaine, les musulmans sont 130 millions environ ; les relations entre la majorité hindoue et la minorité musulmane sont tendues, non exemptes de violence ; le pays a pour voisin, et ennemi traditionnel, la République islamique du Pakistan, à laquelle il a fait la guerre trois fois en un demi-siècle.
Et pourtant, dans cette belle démocratie, les musulmans accèdent à tous les postes, sans discrimination sensible ni crainte perceptible de les voir trahir leur pays au profit de « l'ennemi pakistanais ».
En Inde, comme en Italie, en Israël et dans un certain nombre d'autres pays, le président de la République n'exerce pas le pouvoir exécutif. Sa fonction est importante puisqu'il symbolise l'État, nomme le Premier ministre, mais est plus honorifique que politique.
En Inde, avant Abdul Kalam, deux autres musulmans l'ont exercée.
Né le 15 octobre 1931, dans une famille de pêcheurs très pauvres, A.P.J. Abdul Kalam n'a pu faire d'études que grâce à l'abnégation d'une soeur aînée qui a vendu tout ce qu'elle possédait pour qu'il puisse aller à l'école, puis à l'université, jusqu'à devenir... le père du programme des missiles militaires indiens, ceux-là qui, en cas de guerre, risquent de porter l'arme nucléaire.
C'est à ce musulman végétarien un peu excentrique, aux allures de « hippie » (voir photo), que l'Inde a donné sa confiance deux fois : sur le plan militaire d'abord, sur le plan politique ensuite.
Qui peut citer un autre pays au monde capable de cela ? Imaginez-vous, à vue d'homme, un président musulman en Israël, où les musulmans sont près de 20 % et où le poste est tout aussi honorifique ? Imagine-t-on un Premier ministre juif au Maroc ? À ce jour, la France n'a pas eu de président protestant, juif ou musulman, ni les États-Unis un président noir.
Il est vrai que dans ces deux derniers pays, le président exerce le pouvoir exécutif.
Un autre pays - africain celui-ci et qui est d'ailleurs, lui aussi, une vraie démocratie du Tiers Monde - a - une seule fois et dans des circonstances exceptionnelles - mis à sa tête un homme issu de la minorité : le Sénégal, musulman à plus de 95 %, a donné sa confiance pendant vingt ans (de 1960 à 1980) au Sérère et très catholique Léopold Sedar Senghor.
En 2002, c'est « le pays des castes et des intouchables » qui donne à tous les autres une belle leçon et leur explique comment tirer le meilleur parti de ses minorités.
Ce jour-là, 90 % des quelque cinq mille parlementaires (nationaux et des trente États) de l'Union indienne ont élu au poste de président de la République un savant musulman de 71 ans, Avul Pakir Jainulabdeen Abdul Kalam.
Depuis son indépendance (1947) à ce jour, l'Inde est une République laïque gouvernée selon le système démocratique : élections pluralistes tenues aux dates prévues, gagnées ou perdues sans tricherie ni discussions, respect des minorités et des libertés fondamentales.
Dans ce pays de plus de un milliard d'habitants, véritable mosaïque humaine, les musulmans sont 130 millions environ ; les relations entre la majorité hindoue et la minorité musulmane sont tendues, non exemptes de violence ; le pays a pour voisin, et ennemi traditionnel, la République islamique du Pakistan, à laquelle il a fait la guerre trois fois en un demi-siècle.
Et pourtant, dans cette belle démocratie, les musulmans accèdent à tous les postes, sans discrimination sensible ni crainte perceptible de les voir trahir leur pays au profit de « l'ennemi pakistanais ».
En Inde, comme en Italie, en Israël et dans un certain nombre d'autres pays, le président de la République n'exerce pas le pouvoir exécutif. Sa fonction est importante puisqu'il symbolise l'État, nomme le Premier ministre, mais est plus honorifique que politique.
En Inde, avant Abdul Kalam, deux autres musulmans l'ont exercée.
Né le 15 octobre 1931, dans une famille de pêcheurs très pauvres, A.P.J. Abdul Kalam n'a pu faire d'études que grâce à l'abnégation d'une soeur aînée qui a vendu tout ce qu'elle possédait pour qu'il puisse aller à l'école, puis à l'université, jusqu'à devenir... le père du programme des missiles militaires indiens, ceux-là qui, en cas de guerre, risquent de porter l'arme nucléaire.
C'est à ce musulman végétarien un peu excentrique, aux allures de « hippie » (voir photo), que l'Inde a donné sa confiance deux fois : sur le plan militaire d'abord, sur le plan politique ensuite.
Qui peut citer un autre pays au monde capable de cela ? Imaginez-vous, à vue d'homme, un président musulman en Israël, où les musulmans sont près de 20 % et où le poste est tout aussi honorifique ? Imagine-t-on un Premier ministre juif au Maroc ? À ce jour, la France n'a pas eu de président protestant, juif ou musulman, ni les États-Unis un président noir.
Il est vrai que dans ces deux derniers pays, le président exerce le pouvoir exécutif.
Un autre pays - africain celui-ci et qui est d'ailleurs, lui aussi, une vraie démocratie du Tiers Monde - a - une seule fois et dans des circonstances exceptionnelles - mis à sa tête un homme issu de la minorité : le Sénégal, musulman à plus de 95 %, a donné sa confiance pendant vingt ans (de 1960 à 1980) au Sérère et très catholique Léopold Sedar Senghor.
En 2002, c'est « le pays des castes et des intouchables » qui donne à tous les autres une belle leçon et leur explique comment tirer le meilleur parti de ses minorités.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.