Cinquante-sept ans après
lundi 30 septembre 2002 :: Divers :: #4 :: rss :: lu 1765 fois
C'est, à mon avis, un des événements de l'année 2002. Et il ne sera pas sans lendemain.
Pour la première fois depuis 1945 - soit cinquante-sept ans -, un dirigeant allemand, largement suivi par son opinion publique, dont il avait senti que, comme lui, elle en avait assez de courber l'échine, a redressé la tête et dit urbi et orbi :
- Cessez de nous prendre pour des béni- oui-oui, nous ne sommes pas d'accord ; nous ne vous suivrons pas.
Le dirigeant allemand est Gerhard Schröder, et son « non » à... la toute-puissante Amérique de Bush et Rumsfeld a grandement contribué à le faire réélire chancelier de l'Allemagne.
Laissant à Tony Blair, Premier ministre de la Grande-Bretagne, le rôle d'inconditionnel des États-Unis, Gerhard Schröder a réagi vivement aux menaces proférées par le président George W. Bush d'envahir l'Irak pour changer son régime politique. Il a dit et répété, beaucoup plus nettement que Jacques Chirac : « La politique américaine vis-à-vis de l'Irak est aventuriste. En aucun cas, même si l'ONU se résignait à l'entériner, l'Allemagne, qui la désapprouve, n'y participera. »
Après plus d'un demi-siècle de profil bas, la plus grande puissance économique européenne a cessé d'être un nain politique. Elle ne sera plus le terne second de la France, ni à la remorque des États-Unis.
« Les Allemands, a dit Georges Pompidou il y a trente ans, ne savent que se soumettre ou... dominer. »
En ce mois de septembre 2002, ils ont cessé, en tout cas, d'être soumis : les États-Unis, et sans doute Israël comme, par ailleurs, la France et le reste de l'Europe, devront désormais apprendre à vivre avec « l'éléphant allemand ».
La population allemande est vieillissante, l'économie de l'Allemagne n'est pas au mieux de sa forme, mais la confiance en soi du pays de Bismarck, sa place centrale en Europe au moment où celle-ci s'élargit à l'Est, son intérêt historique pour le Moyen-Orient - c'est sur l'Irak qu'elle a dit « non » à l'Amérique - annoncent le retour d'un grand pays sur la scène politique européenne et internationale.
Ce retour sera progressif et prudent. Mais, à l'heure où le monde a le plus grand besoin de contrepoids à l'excès américain de puissance, il est le bienvenu.
Pour la première fois depuis 1945 - soit cinquante-sept ans -, un dirigeant allemand, largement suivi par son opinion publique, dont il avait senti que, comme lui, elle en avait assez de courber l'échine, a redressé la tête et dit urbi et orbi :
- Cessez de nous prendre pour des béni- oui-oui, nous ne sommes pas d'accord ; nous ne vous suivrons pas.
Le dirigeant allemand est Gerhard Schröder, et son « non » à... la toute-puissante Amérique de Bush et Rumsfeld a grandement contribué à le faire réélire chancelier de l'Allemagne.
Laissant à Tony Blair, Premier ministre de la Grande-Bretagne, le rôle d'inconditionnel des États-Unis, Gerhard Schröder a réagi vivement aux menaces proférées par le président George W. Bush d'envahir l'Irak pour changer son régime politique. Il a dit et répété, beaucoup plus nettement que Jacques Chirac : « La politique américaine vis-à-vis de l'Irak est aventuriste. En aucun cas, même si l'ONU se résignait à l'entériner, l'Allemagne, qui la désapprouve, n'y participera. »
Après plus d'un demi-siècle de profil bas, la plus grande puissance économique européenne a cessé d'être un nain politique. Elle ne sera plus le terne second de la France, ni à la remorque des États-Unis.
« Les Allemands, a dit Georges Pompidou il y a trente ans, ne savent que se soumettre ou... dominer. »
En ce mois de septembre 2002, ils ont cessé, en tout cas, d'être soumis : les États-Unis, et sans doute Israël comme, par ailleurs, la France et le reste de l'Europe, devront désormais apprendre à vivre avec « l'éléphant allemand ».
La population allemande est vieillissante, l'économie de l'Allemagne n'est pas au mieux de sa forme, mais la confiance en soi du pays de Bismarck, sa place centrale en Europe au moment où celle-ci s'élargit à l'Est, son intérêt historique pour le Moyen-Orient - c'est sur l'Irak qu'elle a dit « non » à l'Amérique - annoncent le retour d'un grand pays sur la scène politique européenne et internationale.
Ce retour sera progressif et prudent. Mais, à l'heure où le monde a le plus grand besoin de contrepoids à l'excès américain de puissance, il est le bienvenu.
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