Les conflits armés qui secouent l'Afrique subsaharienne sont, nous l'avons dit, soit des guerres civiles pour le partage - ou l'accaparement - du pouvoir, soit des affrontements entre voisins pour des problèmes de frontières.
Ils présentent des caractéristiques communes, que l'on retrouve actuellement en Côte d'Ivoire, toujours au centre des préoccupations.
1) La facilité et la cruauté avec lesquelles on mutile et massacre, seulement dépassées, en Afrique, par les excès des islamistes algériens : la Sierra Leone, le Burundi, le Rwanda du génocide - et aujourd'hui la Côte d'Ivoire.
Si la guerre civile n'est pas stoppée dans ce dernier pays, d'autres marches seront franchies vers encore plus d'horreur.
2) La relation schizophrénique avec l'extérieur, principalement la puissance ex-coloniale, et ce qu'on appelle la communauté internationale : on les appelle au secours et, s'ils n'interviennent pas rapidement, on leur impute une révoltante indifférence ; s'ils répondent à l'appel, mais pas aux attentes, on les accuse d'ingérence insupportable.
Résultat : on lasse, on suscite la circonspection.
3) La mauvaise habitude, vite prise, de signer des accords en sachant qu'on ne va pas les tenir : voyez la RDC, voyez le Burundi, et voyez aujourd'hui la Centrafrique et la Côte d'Ivoire
Ces conflits interminables, en règle générale, détruisent beaucoup et ne résolvent rien. Ils sont donc aggravés par :
- un mépris caractérisé pour la vie et la dignité de l'adversaire, transformé en implacable ennemi ;
- l'idée fausse, mais très répandue chez des dirigeants africains, que le monde non africain est dans l'obligation de leur venir en aide et doit se comporter selon leurs voeux, eux-mêmes demeurant libres de toute obligation envers lui.
Tant que ces dirigeants-là, responsables de la situation dans laquelle ils ont mis leurs pays et l'Afrique, de l'image qu'ils ont donnée de leur continent, ne paieront pas le prix fort, on les verra continuer à se comporter comme des irresponsables.