Si l’on juge un homme sur la manière dont il prend congé, comment ne pas admirer ce dictateur avéré - dont le bilan n’est pas globalement positif - qui a trouvé en lui la force de ce message d’adieu à l’action, si magnifiquement pensé et formulé ?

J’en extrais quelques lignes qui forment une belle épitaphe : « Je ne briguerai ni n’accepterai - je répète - je ne briguerai ni n’accepterai la charge de président du Conseil d’État et de commandant en chef. […] Ma position était inconfortable face à un adversaire* qui a fait tout ce qui était imaginable pour se défaire de moi. Je n’avais aucune envie de lui donner satisfaction. […] Préparer les Cubains à mon absence, psychologiquement et politiquement, était ma première obligation après tant d’années de lutte. […] Mais je trahirais ma conscience si j’occupais une responsabilité qui requiert mobilité et dévouement total, ce que je ne suis physiquement pas en condition de fournir. Je le dis sans dramatiser. »


Fidel Castro renonce donc à exercer le pouvoir parce qu’il n’en a plus les moyens physiques. Il ne sera plus le commandant (en chef) du navire Cuba, dont il confie la barre à des mains amies « qui disposent de l’autorité et de l’expérience pour assurer la relève ».

Mais il reste à bord pour continuer à dire son mot : « J’ai toujours dit que je ferai mon devoir jusqu’à mon dernier souffle. »


* La maladie ? Ou les Etats-Unis ?