Plaidoirie posthume
lundi 22 février 2010 :: Irak :: #730 :: rss :: lu 6410 fois
Ayant lu le livre qui la présente, j’ai choisi de laisser de côté l’actualité chaude de la semaine pour consacrer cette chronique au destin de Saddam Hussein.
Tel qu’il ressort de ce qu’il a accepté de dire aux agents américains du FBI venus le confesser avant qu’il n’aille à la mort, par pendaison, sous les quolibets de ses ex-victimes devenues ses bourreaux.
Vice-président de son pays en 1971, à l’âge de 34 ans, il accède à la magistrature suprême huit ans plus tard, à 42 ans, pour exercer sur l’ensemble des Irakiens une dictature de fer qui durera un quart de siècle.
Quatre guerres successives occuperont la moitié de son long règne : le pays sera tour à tour agresseur et agressé, occupant et occupé ; les morts et les blessés se compteront par millions et l’arme chimique sera utilisée par le dictateur, non seulement contre ses adversaires, mais aussi contre ses propres sujets.
À douze ans d’intervalle, en 1991 et en 2003, l’Irak de Saddam sera envahi par les États-Unis deux fois, à l’instigation de deux présidents américains : George H. Bush et George W. Bush, le père et le fils.
En 2003, le fils va plus loin que le père : la capitale, Bagdad, est occupée en avril et le régime est renversé.
Saddam s’enfuit et se cache dans son propre pays. Mais il est trahi contre espèces sonnantes et trébuchantes et capturé par les Américains en décembre de la même année.
À tort, à mon avis, il acceptera de se laisser interroger en arabe, à vingt reprises, par des agents du FBI sans demander de garantie sur ce qu’on lui attribuera et ce qu’on fera de ses propos. Les interrogatoires déguisés en entretiens se sont prolongés pendant six mois : de janvier à juin 2004.
En juillet 2009, les États-Unis ont publié en le mettant en ligne sur le site du FBI un résumé de ce qu’il leur a dit – expurgé de ce qu’ils ne veulent pas que nous sachions (Jeune Afrique avait alors traduit et donné à ses lecteurs quelques extraits significatifs).
Un éditeur français, Inculte, vient d’en faire un livre préfacé par un historien qui en commente le contenu et l’authentifie : Saddam a bien dit ce que le FBI lui attribue, mais le FBI, lui, ne révèle pas tout ce que son prisonnier a déclaré pour sa défense.
Il vous intéressera, je pense, de lire ci-dessous ce qui m’a paru le plus instructif et le plus révélateur de cette étrange plaidoirie posthume d’un homme dépassé par son fabuleux destin et incapable de ne pas aller jusqu’au bout de son pouvoir.
Il a bien gouverné son pays au cours des dix premières années de son long règne, lui faisant connaître un âge d’or, puis a mal tourné et encore plus mal fini.
1- L’invasion du Koweït en août 1990.
« C’est moi qui ai conçu le plan d’invasion du Koweït, nous apprend Saddam. Le pays est essentiellement plat et désertique, il n’y avait donc pas besoin de plan tactique ou d’atouts particuliers pour mener à bien l’opération. Il suffisait de posséder les connaissances militaires de base pour concevoir un plan d’invasion efficace. Celle-ci n’a pris que deux heures et demie, comme nous l’avions estimé. Nous aurions dû le faire en moins d’une heure ; avec le soutien actif du peuple koweïtien, cela aurait pu être plus rapide.
C’est le peuple lui-même qui a demandé à l’Irak d’envahir le pays afin de renverser ses responsables. Ce n’était pas le désir de tous les citoyens, mais nous avions l’impression qu’ils nous le demandaient.
Le Koweït est irakien. Il a été volé à l’Irak par les Britanniques. Si le Koweït n’avait pas possédé de telles réserves de pétrole, il ne les aurait jamais intéressés.
C’est l’arrogance et la stupidité des dirigeants koweïtiens qui ont déclenché la guerre. »
2- Les Scud contre Israël :
« C’est moi, et moi seul, qui ai donné l’ordre de tirer les missiles Scud sur Israël. Israël est la cause de tous nos problèmes.
En 1981, Israël a attaqué l’Irak et détruit le seul réacteur nucléaire du pays. Pour l’Irak, la guerre contre Israël n’était pas finie. »
Saddam ajoute non sans naïveté :
Durant le conflit de 1991, je pensais que les États-Unis mettraient fin à la guerre si Israël était touché. »
3- À la question « Quels traits de caractère recherchez-vous chez vos subordonnés ? » Saddam répond ceci qui dénote son niveau :
L’être humain n’est pas une marchandise. Un individu que l’on pensait parfait pour un poste peut s’avérer par la suite ne pas posséder les qualités requises. Quelqu’un peut être parfait dans une situation et mauvais dans une autre. C’est particulièrement vrai dans le cadre des opérations militaires. Le choix ou le renvoi d’individus à des postes militaires ou gouvernementaux implique souvent de tenir compte des origines tribales ou familiales de la personne.
Bien qu’une situation particulière puisse nécessiter le renvoi d’un Irakien, un leader doit considérer la manière dont ce renvoi pourra être perçu. »
4- Saddam parle de ses palais, dit qu’il est habitué à vivre simplement, loin de toute extravagance.
« Les palais ? Ils appartiennent à la nation, ils ne sont pas la propriété d’un seul individu. Ils ont permis aux architectes irakiens de se perfectionner.
Le gouvernement, pour fonctionner, avait besoin de pouvoir se rencontrer et discuter avant de rendre ses décisions. S’il n’y avait eu que deux palais ou lieux de réunion, il aurait été très aisé d’éliminer les dirigeants irakiens. Cependant, avec vingt palais, il était beaucoup plus difficile de suivre le gouvernement à la trace, de le localiser.
Je n’y habitais pas. Je préférais vivre dans une simple maison. Je mangeais ce qui était préparé pour moi par mon service de sécurité, et avais peu d’exigences.
Une lapalissade : – On m’a capturé parce que j’ai été trahi, et uniquement pour cette raison. Puis une originalité : – J’avais un agenda chargé, mais je me réservais du temps pour lire des ouvrages de fiction. C’est une activité que j’apprécie beaucoup. »
5- Saddam écrit ses discours… mais les fait prononcer.
L’agent du FBI a décelé un de ses points faibles : sa vanité d’écrivain. Il lui susurre :
– Après avoir lu plusieurs de vos poèmes, je suis à présent capable de reconnaître votre style. J’en déduis que vous écrivez vos propres discours. – Absolument, répond Saddam. Tous mes écrits viennent du cœur. Mais je n’aime pas prononcer mes discours. Je préfère les entendre dits par d’autres. Écrire et prononcer des discours est pour moi comme passer un examen. »
6- Mais, dès qu’il le peut, Saddam revient à son obsession : l’Iran.
« L’Irak ne pouvait pas paraître faible devant ses ennemis, et particulièrement devant l’Iran.
L’Iran représente le péril le plus important, du fait de notre frontière commune. Je pense que l’Iran souhaitait annexer le sud de l’Irak. Cette volonté d’annexion était la menace la plus significative dans la région. Les autres pays de la région sont faibles et seraient incapables de se défendre eux-mêmes ou de défendre l’Irak contre une attaque de l’Iran.
« J’étais plus inquiet que l’Iran ne découvre nos faiblesses que de la réponse des États-Unis à mon refus de laisser les inspecteurs revenir en Irak. Les résultats de l’inspection des Nations unies auraient divulgué des informations sur nos points faibles et montré à l’Iran comment infliger le maximum de dommages à l’Irak. »
Quant à Israël, ce n’est pas spécifiquement une menace pour l’Irak. Israël est une menace pour tout le monde arabe. »
7- Saddam et le téléphone :
Hussein dit n’avoir utilisé le téléphone que deux fois seulement en treize ans (depuis mars 1990). Il précise : « Je ne restais jamais plus d’un jour au même endroit car j’étais conscient des importantes capacités technologiques des États-Unis. Je communiquais principalement via des messagers ou rencontrais directement les membres du gouvernement pour discuter des questions importantes. Un pays sous-développé sur le plan de la technologie comme l’Irak était vulnérable face aux États-Unis. »
« Je conduisais moi-même, et demandais au service de sécurité de s’installer sur les sièges passagers. Je pouvais ainsi m’arrêter où bon me semblait.
« Lorsqu’un débat se présentait, je n’y prenais jamais part et restais silencieux. Pourtant, je me considérais supérieur à mon entourage. […] »
Parlant de ses collaborateurs, il n’en complimente qu’un seul :
« Tarek Aziz [son ministre des Affaires étrangères] était un homme très intelligent. Parmi les officiels du parti Baas, il était celui qui connaissait le mieux l’Occident. Ancien professeur d’anglais, rédacteur en chef du journal du parti Baas, c’était un excellent orateur. »
– On a dit dans la presse que vous utilisiez des sosies, qu’en est-il ? lui demande l’agent du FBI.
Réponse de Saddam :
– C’est de l’illusion cinématographique ! Dans la réalité, il est très difficile de se faire passer pour quelqu’un d’autre. »
8- Saddam parle enfin d’Oussama Ben Laden.
« Je crois en Dieu mais je ne suis pas un zélote. La religion et le gouvernement ne doivent pas se mélanger. L’idéologie du parti Baas n’est de toute façon pas basée sur la religion, son fondateur était un chrétien. L’idéologie d’Oussama Ben Laden n’est pas différente de celle des nombreux zélotes qui l’ont précédé. Nous n’avons ni les mêmes croyances ni la même vision du monde. D’ailleurs, je n’ai jamais vu ou rencontré personnellement Ben Laden. »
L’agent du FBI le provoque en posant cette question :
– L’Irak et Ben Laden ont pourtant les mêmes ennemis, les États-Unis et l’Arabie saoudite. Ne dit-on pas : l’ennemi de mon ennemi est mon frère ?
Saddam répond :
– Les États-Unis ne sont pas l’ennemi de l’Irak, je suis simplement opposé à leur politique. Si j’avais voulu collaborer avec les ennemis des États-Unis, j’aurais coopéré avec la Corée du Nord, avec qui j’ai eu des contacts, ou avec la Chine. Les États-Unis se sont servis du 11 Septembre pour attaquer l’Irak, mais ils ont vite perdu de vue ce qui a causé cet acte. »
Tel qu’il ressort de ce qu’il a accepté de dire aux agents américains du FBI venus le confesser avant qu’il n’aille à la mort, par pendaison, sous les quolibets de ses ex-victimes devenues ses bourreaux.
Vice-président de son pays en 1971, à l’âge de 34 ans, il accède à la magistrature suprême huit ans plus tard, à 42 ans, pour exercer sur l’ensemble des Irakiens une dictature de fer qui durera un quart de siècle.
Quatre guerres successives occuperont la moitié de son long règne : le pays sera tour à tour agresseur et agressé, occupant et occupé ; les morts et les blessés se compteront par millions et l’arme chimique sera utilisée par le dictateur, non seulement contre ses adversaires, mais aussi contre ses propres sujets.
À douze ans d’intervalle, en 1991 et en 2003, l’Irak de Saddam sera envahi par les États-Unis deux fois, à l’instigation de deux présidents américains : George H. Bush et George W. Bush, le père et le fils.
En 2003, le fils va plus loin que le père : la capitale, Bagdad, est occupée en avril et le régime est renversé.
Saddam s’enfuit et se cache dans son propre pays. Mais il est trahi contre espèces sonnantes et trébuchantes et capturé par les Américains en décembre de la même année.
À tort, à mon avis, il acceptera de se laisser interroger en arabe, à vingt reprises, par des agents du FBI sans demander de garantie sur ce qu’on lui attribuera et ce qu’on fera de ses propos. Les interrogatoires déguisés en entretiens se sont prolongés pendant six mois : de janvier à juin 2004.
En juillet 2009, les États-Unis ont publié en le mettant en ligne sur le site du FBI un résumé de ce qu’il leur a dit – expurgé de ce qu’ils ne veulent pas que nous sachions (Jeune Afrique avait alors traduit et donné à ses lecteurs quelques extraits significatifs).
Un éditeur français, Inculte, vient d’en faire un livre préfacé par un historien qui en commente le contenu et l’authentifie : Saddam a bien dit ce que le FBI lui attribue, mais le FBI, lui, ne révèle pas tout ce que son prisonnier a déclaré pour sa défense.
Il vous intéressera, je pense, de lire ci-dessous ce qui m’a paru le plus instructif et le plus révélateur de cette étrange plaidoirie posthume d’un homme dépassé par son fabuleux destin et incapable de ne pas aller jusqu’au bout de son pouvoir.
Il a bien gouverné son pays au cours des dix premières années de son long règne, lui faisant connaître un âge d’or, puis a mal tourné et encore plus mal fini.
1- L’invasion du Koweït en août 1990.
« C’est moi qui ai conçu le plan d’invasion du Koweït, nous apprend Saddam. Le pays est essentiellement plat et désertique, il n’y avait donc pas besoin de plan tactique ou d’atouts particuliers pour mener à bien l’opération. Il suffisait de posséder les connaissances militaires de base pour concevoir un plan d’invasion efficace. Celle-ci n’a pris que deux heures et demie, comme nous l’avions estimé. Nous aurions dû le faire en moins d’une heure ; avec le soutien actif du peuple koweïtien, cela aurait pu être plus rapide.
C’est le peuple lui-même qui a demandé à l’Irak d’envahir le pays afin de renverser ses responsables. Ce n’était pas le désir de tous les citoyens, mais nous avions l’impression qu’ils nous le demandaient.
Le Koweït est irakien. Il a été volé à l’Irak par les Britanniques. Si le Koweït n’avait pas possédé de telles réserves de pétrole, il ne les aurait jamais intéressés.
C’est l’arrogance et la stupidité des dirigeants koweïtiens qui ont déclenché la guerre. »
2- Les Scud contre Israël :
« C’est moi, et moi seul, qui ai donné l’ordre de tirer les missiles Scud sur Israël. Israël est la cause de tous nos problèmes.
En 1981, Israël a attaqué l’Irak et détruit le seul réacteur nucléaire du pays. Pour l’Irak, la guerre contre Israël n’était pas finie. »
Saddam ajoute non sans naïveté :
Durant le conflit de 1991, je pensais que les États-Unis mettraient fin à la guerre si Israël était touché. »
3- À la question « Quels traits de caractère recherchez-vous chez vos subordonnés ? » Saddam répond ceci qui dénote son niveau :
L’être humain n’est pas une marchandise. Un individu que l’on pensait parfait pour un poste peut s’avérer par la suite ne pas posséder les qualités requises. Quelqu’un peut être parfait dans une situation et mauvais dans une autre. C’est particulièrement vrai dans le cadre des opérations militaires. Le choix ou le renvoi d’individus à des postes militaires ou gouvernementaux implique souvent de tenir compte des origines tribales ou familiales de la personne.
Bien qu’une situation particulière puisse nécessiter le renvoi d’un Irakien, un leader doit considérer la manière dont ce renvoi pourra être perçu. »
4- Saddam parle de ses palais, dit qu’il est habitué à vivre simplement, loin de toute extravagance.
« Les palais ? Ils appartiennent à la nation, ils ne sont pas la propriété d’un seul individu. Ils ont permis aux architectes irakiens de se perfectionner.
Le gouvernement, pour fonctionner, avait besoin de pouvoir se rencontrer et discuter avant de rendre ses décisions. S’il n’y avait eu que deux palais ou lieux de réunion, il aurait été très aisé d’éliminer les dirigeants irakiens. Cependant, avec vingt palais, il était beaucoup plus difficile de suivre le gouvernement à la trace, de le localiser.
Je n’y habitais pas. Je préférais vivre dans une simple maison. Je mangeais ce qui était préparé pour moi par mon service de sécurité, et avais peu d’exigences.
Une lapalissade : – On m’a capturé parce que j’ai été trahi, et uniquement pour cette raison. Puis une originalité : – J’avais un agenda chargé, mais je me réservais du temps pour lire des ouvrages de fiction. C’est une activité que j’apprécie beaucoup. »
5- Saddam écrit ses discours… mais les fait prononcer.
L’agent du FBI a décelé un de ses points faibles : sa vanité d’écrivain. Il lui susurre :
– Après avoir lu plusieurs de vos poèmes, je suis à présent capable de reconnaître votre style. J’en déduis que vous écrivez vos propres discours. – Absolument, répond Saddam. Tous mes écrits viennent du cœur. Mais je n’aime pas prononcer mes discours. Je préfère les entendre dits par d’autres. Écrire et prononcer des discours est pour moi comme passer un examen. »
6- Mais, dès qu’il le peut, Saddam revient à son obsession : l’Iran.
« L’Irak ne pouvait pas paraître faible devant ses ennemis, et particulièrement devant l’Iran.
L’Iran représente le péril le plus important, du fait de notre frontière commune. Je pense que l’Iran souhaitait annexer le sud de l’Irak. Cette volonté d’annexion était la menace la plus significative dans la région. Les autres pays de la région sont faibles et seraient incapables de se défendre eux-mêmes ou de défendre l’Irak contre une attaque de l’Iran.
« J’étais plus inquiet que l’Iran ne découvre nos faiblesses que de la réponse des États-Unis à mon refus de laisser les inspecteurs revenir en Irak. Les résultats de l’inspection des Nations unies auraient divulgué des informations sur nos points faibles et montré à l’Iran comment infliger le maximum de dommages à l’Irak. »
Quant à Israël, ce n’est pas spécifiquement une menace pour l’Irak. Israël est une menace pour tout le monde arabe. »
7- Saddam et le téléphone :
Hussein dit n’avoir utilisé le téléphone que deux fois seulement en treize ans (depuis mars 1990). Il précise : « Je ne restais jamais plus d’un jour au même endroit car j’étais conscient des importantes capacités technologiques des États-Unis. Je communiquais principalement via des messagers ou rencontrais directement les membres du gouvernement pour discuter des questions importantes. Un pays sous-développé sur le plan de la technologie comme l’Irak était vulnérable face aux États-Unis. »
« Je conduisais moi-même, et demandais au service de sécurité de s’installer sur les sièges passagers. Je pouvais ainsi m’arrêter où bon me semblait.
« Lorsqu’un débat se présentait, je n’y prenais jamais part et restais silencieux. Pourtant, je me considérais supérieur à mon entourage. […] »
Parlant de ses collaborateurs, il n’en complimente qu’un seul :
« Tarek Aziz [son ministre des Affaires étrangères] était un homme très intelligent. Parmi les officiels du parti Baas, il était celui qui connaissait le mieux l’Occident. Ancien professeur d’anglais, rédacteur en chef du journal du parti Baas, c’était un excellent orateur. »
– On a dit dans la presse que vous utilisiez des sosies, qu’en est-il ? lui demande l’agent du FBI.
Réponse de Saddam :
– C’est de l’illusion cinématographique ! Dans la réalité, il est très difficile de se faire passer pour quelqu’un d’autre. »
8- Saddam parle enfin d’Oussama Ben Laden.
« Je crois en Dieu mais je ne suis pas un zélote. La religion et le gouvernement ne doivent pas se mélanger. L’idéologie du parti Baas n’est de toute façon pas basée sur la religion, son fondateur était un chrétien. L’idéologie d’Oussama Ben Laden n’est pas différente de celle des nombreux zélotes qui l’ont précédé. Nous n’avons ni les mêmes croyances ni la même vision du monde. D’ailleurs, je n’ai jamais vu ou rencontré personnellement Ben Laden. »
L’agent du FBI le provoque en posant cette question :
– L’Irak et Ben Laden ont pourtant les mêmes ennemis, les États-Unis et l’Arabie saoudite. Ne dit-on pas : l’ennemi de mon ennemi est mon frère ?
Saddam répond :
– Les États-Unis ne sont pas l’ennemi de l’Irak, je suis simplement opposé à leur politique. Si j’avais voulu collaborer avec les ennemis des États-Unis, j’aurais coopéré avec la Corée du Nord, avec qui j’ai eu des contacts, ou avec la Chine. Les États-Unis se sont servis du 11 Septembre pour attaquer l’Irak, mais ils ont vite perdu de vue ce qui a causé cet acte. »
Commentaires
1. Le samedi 10 avril 2010 à 13:46, par Idriss B.
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