La première fixe un instant d’une rencontre à Washington, le 12 avril dernier : c’est le président américain, Barack Obama, qui accueille son homologue chinois, Hu Jintao, au sommet sur la sécurité nucléaire. Il s’incline devant son visiteur.
La seconde a été prise à Pékin, le 28 avril. Cette fois, c’est le président chinois qui reçoit son homologue français, Nicolas Sarkozy, et c’est le visiteur qui s’incline devant son hôte.
La plupart d’entre vous ont vu à la télévision les images de ces deux rencontres au sommet.
N’avez-vous pas été frappés, comme moi, de ce qu’elles signifient et qui est nouveau ?

Qu’ils accueillent ou soient accueillis, l’Américain et le Français s’inclinent devant l’Asiatique – un peu plus qu’ils ne le devraient –, marquant ainsi la considération nouvelle qu’ils éprouvent pour son pays et son continent.
Qu’il se trouve chez eux ou dans sa capitale, le Chinois reste droit comme un i et les regarde du plus haut qu’il peut, avec un sourire qui ne parvient pas à – ou ne veut pas – cacher un contentement de soi, à la limite de la suffisance.
De tout son être, il veut exprimer et transmettre ce qu’il ressent : China is back ; « l’empire du Milieu » est redevenu le centre du monde…

Ce n’est pas « le clash des civilisations », dont on nous a rebattu les oreilles, mais une extraordinaire inversion des cultures : l’Américain et l’Européen ont, sans le vouloir, adopté la politesse asiatique ; sans peut-être s’en rendre compte, le Chinois se tient – déjà – avec un brin d’arrogance, comme hier encore les Euro-Américains.
Soyez-en assurés, désormais, il en sera toujours ainsi.
Non sans humour, le général de Gaulle nous avait prévenu : « L'ambition vient vite... Regardez-moi. »
Dans ce cas, celui de la Chine, il serait plus juste de dire « revient vite ».

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