Je pense, chers lecteurs, que vous vous sentez, vous aussi, submergés par le torrent de mauvaises nouvelles déversées sur nous jour après jour par les médias et assaillis par les menaces qui fusent de toutes parts.
Il y a des moments où il en est ainsi et où l'on en arrive à appréhender les lendemains, à s'attendre au pire.
Je crois, pour ma part, que le monde ne va pas si mal qu'on nous le serine et vous demande de me laisser vous présenter les quelques bonnes nouvelles qui pointent à l'horizon.

1) La Syrie et le pauvre type qui lui sert de président depuis douze ans, installé à cette place par son père qui a postulé à tort qu'il n'y avait pas mieux.
Nous sommes au paroxysme de l'horreur, mais proches du dénouement ; Bachar al-Assad, hélas pour lui et les siens, connaîtra le même destin que les autres dictateurs : ou il s'enfuira ou il ne survivra pas.
Le pays et la région seront secoués par la fin de son régime, peineront et mettront du temps à constituer un nouvel équilibre. Mais cette « dictature à tête de boeuf », comme celle de Saddam Hussein en Irak et celle de Mouammar Kaddafi en Libye, doit être éliminée quels qu'en soient le prix et les conséquences.
Elle ne va plus tarder à l'être et l'air sera plus respirable.

2) L'arme du pétrole : elle a été déjà utilisée deux fois au XXe siècle par les pays producteurs et exportateurs. Chaque fois et par un simple tour de vis, son utilisation avait multiplié les prix par trois ou quatre, instauré la pénurie, obligé les consommateurs de cette précieuse denrée à se rationner et à faire la queue.
Du fait de cette utilisation, le monde a vacillé et les économies des pays développés sont entrées en crise.
Vous ne vous en êtes pas aperçus, mais cette arme redoutable et délicate à manier a été de nouveau sortie de son fourreau, mais cette fois par les grands pays consommateurs d'Amérique et d'Europe. Ils l'utilisent depuis le début de cette année contre l'Iran et, le 1er juillet, ils ont encore serré la vis : sans le crier sur les toits, ils ont, de concert, pour tenter de lui faire mettre un genou à terre, cessé totalement d'acheter l'or noir de ce pays et fait pression sur les Asiatiques pour qu'ils en fassent autant.
Ils n'ont exercé ce boycott total qu'avec la complicité avouée de l'Arabie saoudite, plus gros exportateur mondial de pétrole. Elle leur a dit : « Nous compenserons !
Quelles que soient les quantités que vous achetiez à l'Iran, quelles que soient l'ampleur du boycott et sa durée, nous ferons le nécessaire pour vous approvisionner et contenir la montée des prix. »

Chacun jugera. Mais l'Arabie saoudite ayant tenu ses engagements, le prix du baril ne s'est pas envolé.

Maniée avec dextérité, l'arme du pétrole a ainsi montré une fois de plus qu'elle pouvait se révéler d'une redoutable efficacité. Il faut et il suffit que le camp qui l'utilise préserve son unité tout en semant la zizanie dans le camp d'en face...
On pourra se passer, en 2012 et 2013, du pétrole iranien, comme on s'était passé, en 1990 et 1991, de l'or noir irakien, et, sauf imprévu, les consommateurs n'auront ni à faire la queue ni à payer l'essence ou le gaz plus cher.
À cela s'ajoute un immense avantage complémentaire et qui, lui, englobe l'Iran ! À supposer même qu'il en ait la capacité, ce qui n'est nullement établi, Israël ne bombardera pas, d'ici à l'élection présidentielle américaine de novembre prochain, le pays de Khamenei et d'Ahmadinejad pour détruire ses installations nucléaires.
Il ne fera pas ce cadeau au régime iranien au moment où ce dernier doit faire accepter par son peuple les inconvénients et les sacrifices du boycott pétrolier : cela lui donnerait la bouffée d'air dont il a besoin...

3) L'euro : depuis plusieurs mois ne nous parviennent, concernant cette monnaie internationale et la zone qu'elle couvre, sous la signature des médias les plus prestigieux, que les nouvelles les plus alarmistes.
À croire que l'une et l'autre sont menacées d'implosion, qu'elles ne passeront pas le mois ou, en tout cas, l'année sans essuyer les plus graves avanies.
Je continue de penser contre vents et marées que ceux qui les disent menacées dans leur existence même sous-estiment leur solidité, la qualité et la résolution de ceux qui ont la charge de les préserver.
À mes yeux, mais fort heureusement je ne suis pas le seul à le penser, l'euro et sa zone sont en train d'être sauvés par une cuirasse qu'ils ont tardé à endosser : c'est le cours de l'euro par rapport aux autres monnaies.
Une bonne partie des problèmes des dix-sept pays de la zone euro et de ceux des quinze de la zone CFA (dont le franc est lié à l'euro par une parité fixe) vient du fait que l'euro a été surévalué par rapport au dollar, au yen, au renminbi, tout au long des dernières années.

Depuis près de un an, très lentement, il a commencé à baisser, « gagnant » plus de 15 % par rapport au dollar (il est passé de 1,45 à 1,22 dollar pour 1 euro). Mais il est encore à un cours plus élevé que celui de son lancement en janvier 1999 (1 euro : 1,17 dollar), plus élevé que la parité avec le dollar et beaucoup plus élevé que son cours le plus bas, de 0,83 centime pour 1 dollar.
La marge de « gain » est donc énorme, et il suffit à la monnaie européenne d'en « gagner » une moitié pour que les exportations de la zone euro et celles de la zone CFA soient dopées, avec des résultats positifs spectaculaires.
Il est déjà arrivé à l'euro, au début de son existence, de décliner de 30 % en un an par rapport au dollar, et les pays de sa zone en ont alors largement profité.
On s'attend qu'il renouvelle cette « descente », aidé en cela par la Banque centrale européenne (BCE), avec l'accord tacite de la Federal Reserve des États-Unis.
Cela équivaudrait à une grande dévaluation, condition nécessaire et suffisante pour que l'Europe retrouve les couleurs qu'elle a perdues (et avec elle l'Afrique du franc CFA).

Analysant cette hypothèse, le professeur Martin Feldstein, ancien patron économique de la Maison Blanche, écrit :
« L'euro doit baisser, sinon sa zone se désintégrera. Un euro plus bas favorisera les exportations européennes et renchérira ses importations, diminuera les déficits des comptes courants, facilitera les décisions politiques de consolidation fiscale et créera une véritable croissance économique. Il donnera à la monnaie européenne et à sa zone un nouveau départ.
Cela en vaut la peine, car c'est dans l'intérêt des États-Unis et du reste du monde. »

De toutes les bonnes nouvelles, cette dernière est de loin la plus importante. Surveillez désormais le cours de l'euro.

Comme il est de tradition à cette période de l'année, j'interromps cette chronique hebdomadaire pour quelques semaines de repos. Je la reprendrai à la mi-septembre, si Dieu m'a prêté la force et la vie.
À ceux de mes lecteurs et lectrices qui en prennent, je souhaite de bonnes vacances.